Les ministres Clarinval, Bihet et Simonet ont présenté 17 mesures prioritaires de leur plan de croissance aux représentants des employeurs

Les ministres David Clarinval, Mathieu Bihet et Eléonore Simonet, les trois ministres du Mouvement Réformateur en charge des compétences socio-économiques au sein du gouvernement fédéral, ont présenté ce mercredi aux représentants des employeurs (FEB, AKT, Voka, UCM, et Unizo) 17 mesures prioritaires pour stimuler la croissance et la compétitivité belges. Ce plan, dans lequel les remarques des employeurs ont été intégrées, vise à relancer durablement la création de richesse, l'emploi, l'investissement et la productivité en Belgique. Les ministres défendront les mesures de ce plan à la table du gouvernement lors du conclave budgétaire.

Face à un ralentissement de la croissance potentielle belge, avec 1,1 % attendu en 2029 contre plus de 2,6 % au début des années 2000, et à un effort budgétaire supplémentaire estimé à 10 milliards d'euros d'ici 2029, le gouvernement fédéral a fait le choix de traiter conjointement l'assainissement des finances publiques et le soutien à la croissance économique. Dans ce cadre, les trois ministres libéraux ont développé une stratégie d'environ 80 mesures autour de huit axes. Aujourd'hui, ils ont présenté les 17 priorités, 7 « quick wins » et 10 mesures à moyen terme, aux représentants des employeurs. Des mesures qui boostent la croissance du PIB belge de 0,5% d'ici 2029 et se traduisent pas un gain supplémentaire de 1,5 milliard d'euros pour le budget fédéral (entité I).

Parmi les « quick wins », le plan reprend notamment une dispense de précompte professionnel pour les secteurs stratégiques. Les employeurs actifs dans la chimie, la pharma, l'agroalimentaire, la défense, le digital et le spatial devraient pouvoir bénéficier d'une dispense partielle de versement du précompte professionnel, pour un coût budgétaire estimé à 250 millions d'euros par an et environ 25.000 nouveaux emplois attendus.

Une autre mesure efficace vise une TVA à 12 % sur les constructions neuves. Ce taux réduit, ciblé sur les logements d'une superficie maximale de 200 m², doit réduire le prix d'un logement neuf et relancer l'activité du secteur de la construction, avec une hausse attendue de plus de 20 % du nombre de constructions neuves selon les estimations disponibles.

Aussi, un gel des taux de TVA et d'accises sur les produits énergétiques. Applicable immédiatement, cette mesure garantit l'absence de toute nouvelle hausse de la fiscalité sur l'électricité, le gaz, le mazout et les carburants, offrant aux ménages et aux entreprises une visibilité sur leurs coûts énergétiques à moyen terme.

Dans les autres « quick wins » figurent également un choc de simplification, avec la fin effective du gold-plating lors de la transposition des directives européennes, la généralisation du principe « Only Once » interdisant à l'administration de redemander une donnée qu'elle possède déjà, ainsi qu'un paquet de mesures de simplification administrative pour les PME. S'y ajoute un boost de la norme énergétique, à savoir sa mise en œuvre effective, en particulier dans sa dimension régionale via le CISAF, afin de réduire le prix de l'électricité pour les PME électro-intensives. Le plan prévoit aussi d’offrir de la stabilité et de la visibilité à long terme sur les mesures fiscales. Enfin, une extension des flexi-jobs aux indépendants leur offrira la possibilité de générer un revenu complémentaire lorsque leur activité principale diminue ou reste faible.

Parmi les dix mesures à moyen terme figurent notamment l'augmentation des réductions de cotisations sociales patronales dès 2027, la poursuite de la réforme du marché du travail et le déploiement de MAKE 2025-2030. Le plan prévoit également un produit d'épargne destiné à orienter l'épargne des ménages vers l'économie réelle, ainsi qu'un programme d'investissement pluriannuel pour la résilience climatique et économique, visant à renforcer les infrastructures critiques, énergétiques, industrielles, agricoles et forestières face aux chocs. Pour les PME, le plan met l'accent sur la transmission d'entreprises, avec une plateforme de matching cession-reprise, une déduction majorée de 120 % pour les frais de transmission, et un nouveau régime fiscal, la PME Innovation Box, permettant aux PME innovantes de déduire jusqu'à 40 % de leurs revenus issus d'innovations non brevetées.

Le MR insiste également sur l'assainissement des grands postes de dépenses sociales, avec le transfert de la gestion des médecins-conseils vers l'INAMI dès 2027 et un encadrement strict des certificats médicaux atypiques. Le plan vise en outre un marché intérieur européen plus fort, à travers l'accélération des réformes des services, de l'énergie, des télécoms et des marchés financiers, ainsi que la simplification des procédures d'accès aux financements européens. Enfin, la relance du nucléaire s'appuie sur le projet Aurora comme socle d'une capacité nucléaire d'au moins 4 GW à long terme. L'intelligence artificielle occupe elle aussi une place importante, avec le renforcement des infrastructures et des compétences en IA : supercalculateurs, réseaux et datacenters dédiés, ainsi qu'un plan d'upskilling et de reskilling, pour un potentiel estimé entre 45 et 50 milliards d'euros de PIB supplémentaire sur la décennie.

Une invitation au dialogue avec les partenaires économiques

Cette rencontre avec les fédérations d'employeurs s'inscrit dans la volonté des trois ministres d'associer les acteurs économiques à la mise en œuvre de la stratégie, dont l'ambition est de porter la croissance du PIB belge à un niveau supérieur à celui des principaux pays voisins d'ici 2029.

Ce plan de croissance sera déposé sur la table du gouvernement dans le cadre du conclave budgétaire afin d’en faire la pierre angulaire du budget.

David Clarinval, Vice-premier ministre et ministre de l’Emploi, de l’Economie et de l’Agriculture : « La croissance est un élément indispensable si l'on veut assainir durablement le budget de notre pays. C'est elle qui alimente notre sécurité sociale et nos pensions. C’est un point qui me préoccupe particulièrement et que je souhaite porter à la table du gouvernement. C'est pour cette raison qu’avec mes collègues, nous avons façonné un plan de croissance dans un dialogue avec les patrons, avec des mesures prioritaires pour stimuler l'économie belge, l’emploi et la compétitivité. »

Mathieu Bihet, ministre de l’Energie : « Il n'y a pas de redressement durable de notre économie sans croissance, et pas de croissance sans une énergie fiable et compétitive. Dès mon entrée en fonction, je me suis engagé à faire de la norme énergétique une réponse concrète à l'urgence : réduire, dès maintenant, le prix de l'électricité pour nos entreprises énergivores les plus exposées à la concurrence internationale. Mais l'enjeu dépasse l'urgence immédiate. Il faut aussi préparer l'avenir, en accompagnant l'électrification de notre économie et en garantissant à nos entreprises l'accès à l'énergie dont elles auront besoin pour investir, produire et se développer ici, en Belgique. Une énergie compétitive, abondante et sécurisée est une condition de notre croissance et de notre réindustrialisation. Créer ces conditions, c’est précisément le sens de mon action. »

Eléonore Simonet, Ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME : « Il n’y aura pas de croissance sans nos PME. En tant que principal pourvoyeur d’emplois privés, elles sont au cœur de notre économie et joueront un rôle essentiel pour atteindre notre objectif de 80 % de taux d’emploi. Notre priorité est donc claire : leur donner de l’oxygène, en supprimant les démarches inutiles, en simplifiant les règles et en leur donnant davantage de possibilités pour recruter et se développer. C’est tout le sens du choc de simplification que nous lançons, de la réforme du système des stock-options afin de le rendre plus attractif pour les entreprises innovantes, de l’extension des flexi-jobs aux indépendants et de notre travail sur la problématique de la transmission des entreprises. »